Bienvenue sur le blog

Conçu avec comme objectif de venir en aide de manière concrète au peuple palestinien, le blog se verra ajouter des liens vers des associations humanitaires qui oeuvrent en faveur du peuple palestinien et spécialement de l'enfance palestinienne et de l'éducation et de la culture. J'espère que vous prendrez plaisir à lire les poèmes et que vous en profiterez pour découvrir les nombreux projets menés. Je recherche des poèmes écrits en français en relation avec la Palestine.
Affichage des articles dont le libellé est poésie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est poésie. Afficher tous les articles

lundi 14 novembre 2016

Espoir qui dépasse douleur



Espoir qui dépasse douleur

Bombes d’épouvante qui tombent,
Euphémismes ravageurs,
Horreurs d’un conflit long, long, si long
Victimes innocentes
De grands malheurs
Et de pertes cruelles.

Le sang n’ a pas fini de couler,
Les cadavres s’entassent,
Des montagnes de cadavres
Dans une Palestine martyrisée,
Effroyablement torturée,
Accablée de meurtres et de blessures,
Une Palestine épuisée et démunie,
Dans son ghetto.

Massacres et violences perpétrées à l’infini
Par une idéologie sanguinaire,
Contre une population soumise à une politique de terreur,
En toute impunité,
Par une occupation monstrueuse, insidieuse et terrifiante,
Devant un monde officiel qui est en train de perdre la raison,
Un monde assis dans le fauteuil de son indifférence !
Et le silence des agneaux se fait dans sa conscience atrophiée !

Un peuple digne
Face à l’oppression ,
Et l’angoisse du déracinement.
Pour tous, l’incertitude du lendemain,
Une vie dans la désolation,
Sur une terre rieuse et irréductible,
Une terre de silence et de bruit,
Terre de souffrance et d’oubli,
Terre exsangue que l’on dépèce et morcèle
Mais terre d’espérance et de vie !

Et dans un ciel où tourne un soleil noir
Un soleil pointe à l’horizon parfumé.
Des avions de chasse qui déchirent,
Une énorme libellule de fer qui sillonne
Le ciel bleu,
Et l’air bourdonne et gémit.
Une gerbe de gouttes multicolores éclabousse ce ciel
Le vent laisse là son flûtiau et sonne dans la trompette.

Une vie qui retrace la douleur d’un peuple,
Un élan au vécu quotidien,
Force et puissance de l’espérance !
Préservation des îlots de vie et de respiration!
Ce courageux et invincible peuple
Chante chaque jour l’hymne de l’espoir
D’une façon humble et obstinée
Qui suscite le respect des braves solidaires,
Avec leur fraternité plurielle
Et leur soutien indéfectible.


Convaincu que celui qui résiste ne peut pas perdre
Et qu’on ne peut jamais enfermer l’espoir
Ni tarir la source d’espérance.
Mort à l’injustice et à l’injure, sous toutes les latitudes !

Ce peuple demeure dans l’espérance et dans la dignité
Son sourire n’a pas de prix,
Sa vitalité de joie et de bonheur
Arrachée au pire,
Sa confiance déroutante en l’avenir
Un avenir apaisé, indispensable et inévitable
Sur lequel se lèvera demain un soleil victorieux du fardeau,
Fidèle à son principe :
La vie est là, les ombres sombres ne la briseront pas!


Ziad Medoukh

Palestinian Child


Palestinian Child

Don't grieve, for I am dead,
Your tears have no purpose.
Stand tall for what I said,
And know this life is worthless.


Learn from the life I led,
Remember how I was murdered.
An orphan without a bed,
I am peaceful now in heaven.

They live with no water or bread,
My family are still bleeding.
These tears that you shed,
Should be for those still breathing.

(Sakia Begum)

GAZA AT NIGHT


GAZA AT NIGHT
BY JACKSON MOULDING
The sky monsters as black as night
Come prowling looking for a fight.
Cradled close I can smell her
The scent of mum it soothes me over.

There’s nothing else that we can do
But lie in wait till morning’s due.
The beating of my mother’s heart
The sound of buildings ripped apart.

The whistling before the big bright flash
Holding hands we make a dash.
Lifted, twisted, we are flying
The bed is spinning where we were lying.

My ears are burning with the roar
The boom I’ve never heard before.
Floating, a moment, time holds on
And then everything is gone.

The ground erupts and swallows me
Or is it the ceiling? I can’t see.
Which way is up? I knew before
It’s dark and cold, and I am raw.

My hand mummy, we’re holding tight
Everything is going to be alright.
Don’t let me go, I need you more
You know that I am nearly four.

Dark and fire, rubble and mud
Or is it earth mixed up with blood?
I move my body, but not much,
My chin and cheek I cannot touch.

I call my mum, as my face is sore
Up cuddle me from the floor.
We never let go, our fingers entwined
A greater love you’ll never find.

I need her now, I need her grace
I want her to touch my face.
I pull her hand from the floor
I have her hand and nothing more.

Gaza mothers soothe their kids

Gaza mothers soothe their kids

Found poem for Gaza, based on an article in Baraka Bits

by telling them fireworks        are beautiful
be brave and laugh        it’s the TV I am going to turn it off
when there is bombing  I hug them and cry
in one room without windows    playing cooking watching
cartoon movies on TV  if there is electricity
my oldest Ahmed he’s old enough       to understand
not fireworks or the neighbors         cleaning the rug

Inside Out

INSIDE OUT


For Gaza, July 2014
people inside out
on the streets in their loved ones’
arms people screaming
in football stadiums
my friend’s mom in Gaza is cheering
for Brazil and Holland
all that orange
burning almost
a sunrise all that
smoke
there’s an old woman
who dies holding
her spoon waiting
for iftar
which comes but so do
the rockets
and the news
Brazil loses to Germany 7-1
ABC News confuses Israel and Palestine
the whole dichotomy
occupied/
occupier inside
out
out
Holland loses
a girl not yet
one
wrapped in a flag
flags wrapped
around cars necks shoulders heads
in Gaza God
is the eyes
of a little doll kicked
among the rubble
eyes follow a ball
kicked in mid-air
a roof collapses
houses inside out
one bride postpones
her wedding
the game goes into
extra time
shelters there are no shelters
shield yourself with
your hands your voice
i haven’t slept since
yesterday
 writes Anas go ahead
and bombard
 july 13th
he dies the next day
a player kisses a trophy
his wife his son
a mother
kisses a dead child
grief inside out
is resistance
the crowds wave
at the victorious team
a whole family stands
on the roof waving
at the enemy’s planes
(Zeina Hashem Beck)




Zeina Hashem Beck is a Lebanese poet whose poetry collection, titled To Live in Autumn (Backwaters Press, 2014), won the 2013 Backwaters Prize. Follow her on Twitter: @zeinabeck or on Facebook.

lundi 7 novembre 2016

Les martyrs de l'intifada



Les martyrs de l’Intifada


Ils ont tracé la route vers la vie
l’ont pavée de corail, de forces jeunes, d’agathe …
Ils ont levé leurs cœurs comme des pierres de braise,
des brûlots dans leurs mains et lapidé la bête du chemin.
Ils ont crié :
c’est le temps de se battre, lève-toi !
Leur voix a retenti aux oreilles du monde,
son écho a retenti aux oreilles du monde,
son écho s’est déployé jusqu’aux confins du monde.
C’est le temps de se battre , ils se sont battu, et ils sont
morts debout
astres scintillants
embrassant la vie sur la bouche.
Regarde-les au loin enlacer la mort pour exister encore …
S’élever jusqu’au plus haut devant les yeux de l’univers,
monter,
à leur sang encordé monter monter monter …
La mort traîtresse ne prendra pas leurs cœurs
car la résurrection, l’aube nouvelle, comme des songes les
accompagne sur le sentier du sacrifice.
Regarde-les, faucons, dans leur Intifada, ils attachent le
sol, la sainte patrie au ciel.


Fadwa Touquan


Traduit de l’arabe par Marianne Weiss www.aloufok.net

vendredi 4 novembre 2016

Le vagabon Palestinien



Au milieu de la destruction, de la subversion et du ravage 

Je crie, enfants massacrés et femmes assassinées nuit après nuit

Il y en a si tant tuant dans des carnages abattage 

Je médite sur ces massacres puis je m'enfuis

Mes larmes brûlantes coulent sur mon visage

Un enfant qui voit ses parents déchiquetés devant lui

Tombés sur le terrien d'une façon sauvage

Ma main sur la gâchette, je continuerai à résister

Pour supprimer votre fausse existence

se vengeant des innocents torturés, victimes de violences

 Etant dénuée d'humanité et d'affabilité

 Notre âme restera malgré vos tortures

Malgré vos missiles qui fendent même les murs

 Malgré vos guerres monstrueuses qui durent

 Malgré tous les pays qui prétendent de la paix pur

Qu'est-ce que vous avez fait pour moi?

Dites-moi, dites-moi…

Pour me donner le moindre espoir vie et pour protéger mes droits

Dites-moi, dites-moi…

Qu'avez-vous fait contre cette armée qui dépasse toutes les lois?

Dites-moi, dites-moi …

 

 Je ne sais plus, si c'était votre crime ou ma foi

Quand allez-vous vous réveiller cette fois?

Dites-moi, dites-moi …  

  Pourquoi vous fermez vos oreilles devant ma voix?

Dits-moi, dites-moi…

Pourquoi  vous mettez les obstacles devant ma joie?

Dites-moi, dites-moi…

De quel droit vous permet de tuer l'innocence?

Dites-moi, dites-moi…

Vous massacrez les enfants au noms de la défense!!

Dites-moi, dites-moi…

 vous voulez après tous ces vandalismes que je me soumette à vos ordonnances!!

Dites-moi, dites-moi …

?! Jusqu’à quand garderez-vous vos yeux fermés devant ma souffrance

Dites-moi, dites-moi …

 Où est la paix qui n'a plus aucun sens?

Dites-moi, dites-moi …  

 Qui vous fait angoissé et menace votre existence

 Dis-leur que je resterai ici et mourrai ici

Dis-leur que j'ai une place sur cette terre

Dis-leur que je vis ma vie malgré cette barbarie

Dis-leur qu'un jour, on entendra l'écho des prières

Dis-leur que notre pays sera illuminé à l'infini

Il ne me reste qu'une lueur :

 L'espérance d'une vie pleine de bonheur

Une vie sur ma terre sans guerre 

Loin de la mort, de la peine et de la douleur

C'est la vie d'une personne qui est née  Gazaouie

Que les terroristes ont spolié sa vie

Son seul crime est qu'il aime son pays

Son rêve a été anéanti

 Voilà, ma série est finie!

 Jeudi 2 juillet 2015 
Inass Abou Zayda              
Département de français
Université Al-Aqsa-Gaza

Un cri d'âme



Les pas deviennent lourds, mon corps chétif ne supporte plus
Le sentier est fermé et plein de barrages, je continue
J’avance  un peu plus, parmi les démolitions et les ruines
Je crie à haute voix : « pardonne-moi ma Palestine »  

Un policier, fusil en bandoulière, me lance : « tu es terroriste !! »
Je lui rétorque que j'ai le droit de vivre et je résiste
Je refuse d'être soumis à vos lois répressives
Je suis désobéissant à vos ordonnances oppressives
Je marche en levant le front sans courber l’échine
le sang coulant dans mes artères est épris de la Palestine

Je suis le seul dont vous méprisiez les droits et la foi
Cependant, je reste debout tel un éclat de soleil dans la grisaille et le froid
C'est moi que vous essayez de toutes les façons de détruire
Bien que je persiste à continuer mon chemin en gardant le sourire
Malgré les barbelés, je porte mon drapeau à bout de bras
Jusqu'au dernier moment, je vous défie, c'est mon droit d'être là
Est-ce parce que je veux vivre dans la dignité que je suis si haïssable ?

Vous massacrez et bombardez puis vous racontez des fables!
Vous assassinez des milliers de gens dans des carnages incroyables
Dites-moi lequel de nous est le bourreau indomptable?
Qui provoque les bombardements dans les tremblements et  le vacarme! 
Et qui effraye les bambins  avec ses armes !
Qui tue l'innocence et spolie l'enfance !
Qui prend pour cible les enfants pendant leurs vacances !
En employant les hélicoptères, les blindés et les canons!
Tandis qu’avec mes propres mains je défends ma maison

Pourquoi ôtez-vous à ces petits innocents la jouissance de l’existence?
Pourquoi vous remplissez leur vie de peines et de violence 
Il m'a répondu avec colère: « arrête de jaspiner et de bavarder 
Ici,  c'est notre terre, vous n'êtes que des étrangers »
Ses mots m'ont rappelé ce que mon grand-père m'a raconté
Lorsque tout le monde depuis longtemps nous a abandonnés
Nous a laissé défendre tout seuls la terre, triste réalité!

Puis ils nous ont  offert un morceau de pain et un verre de thé
Vous prétendez éprouver de la compassion et de la charité?
 vous êtes les plus éloignés de l'humanité
On n'a besoin ni de votre aide ni de votre pitié
Vous faites tout cela au nom de la justice et de la paix pure!
Vous réclamez de soutenir les Palestiniens, mais derrière les murs!
Vous regardez notre souffrance sans bouger, une vérité dure!
Restez plongés dans le sommeil et prenez votre sieste comme tous les jours 
On  ne veut même pas entendre vos murmures
Le jour de la libération est très proche, j’en suis sûr

Et le Palestinien courageux qui va libérer la Palestine, je vous jure
M’a dit: « chut, sinon je te tue, j'en ai marre »
Je me suis réveillé, apeuré, c'était un vrai cauchemar
Qui s’empare de moi chaque nuit, je suis tourmenté
Ton absence, ma Palestine me déchiquète, je suis peiné
J'ai envie de marcher dans tes rues et saisir la terre pleine de liberté
sans m'arrêter sur les frontières par les soldats qui manquent de sensibilité 
sous prétexte qu'ils veulent vérifier ma carte d'identité

où il est écrit en haut que je suis palestinien plein de vitalité 
Je le dis avec beaucoup de bonheur et de fierté
Je n’ai plus rien, tout est perdu,  il ne me reste que la dignité
Regardez! Je suis le palestinien qui refuse de se plier aux diktats en toute humilité
Ne t'inquiète pas ma fleur, demain on chassera tous les israéliens
Pour affirmer qu'on est tous sur cette terre des Palestiniens
Et dire au revoir à la tristesse, et aux chagrins
Les enfants vont jouer dans tes rues en chantant des refrains
Et on va entendre les you-yous et la voix de la joie
Et vivre dans le bonheur, en paix et en sécurité avec toi.

Mercredi 6 janvier 2016
Inass Abou Zayda
étudiante-département de français
Gaza-Palestine

jeudi 27 octobre 2016

Cœur hémorragique

Coeur hémorragique


Comme un vieux film, les images passent et repassent tous les jours 
Dans ma tête, mon corps est lourd et imprégné de douleurs.
Les victimes tombent successivement l'une après l’autre
Je ne sens même plus le parfum des fleurs.
Mes yeux desséchés et mon cœur fondu par la subjugation
Massacres, tueries, meurtres et encore humiliation  Le silence est plus atroce cette fois dans un monde qui ne respecte pas la loi 
Cela me rappelle d'une façon incessante   que je n'ai plus droit à la joie.
Un goût amer émane de mes mots certes mais que faire ?
Tout le monde ferme les yeux et on me demande de me taire ! 
J'ai enterré tant de mes proches et âmes innocentes que je ne peux compter.
Ne dites aucun mot et continuez comme d’habitude votre série préférée
On massacre mes enfants et on me dit, ne pleure pas.
On détruit ma maison et on me demande de garder la foi.
On te met réfugié dans une tente sous la tempête ; ne t'inquiète pas.
C'est une série d'incidents qui se répète mille fois 
Le malheur vécu dépasse ma capacité de m'exprimer.
Je n'ai plus de mots, je laisse mon cœur parler 
Il parle des terres qui sont draguées par le dragueur
Il parle angoisse , terreur , effroi , crainte et horreur.
Oh, mon cœur, reste calme et baisse ta voix 
Pour ne pas déranger nos présidents qui sont là pour ta joie 
Mille images et mille cadavres défilent devant moi sans fin
Je me suis assis, et j’ai mis ma tête entres les mains
Pour échapper de cette réalité qui manque de toute humanité 
Je n'ai plus qu'une seule envie, c'est de pouvoir dormir la nuit 
Qu’avez-vous fait pour me protéger et me débarrasser de la cruauté !
Vous m’aviez promis, vous faites bien les moqueries !
Tout en laissant couler mes larmes sur mes paupières.
J’ai mal au cœur pour les innocents qui sont dans les cimetières
Maintes fois, je me demande :
Sommes-nous sur cette terre uniquement pour souffrir ? 
Ou parce que nous résistons contre la violence, nous devons mourir ?
Est-ce que le fait que je sois palestinien menace votre existence ?
Hélas ! Le monde entier ferme ses yeux devant vos carnages
Et me demande sans scrupule de garder patience !
Encore me demande naïvement de dessiner le sourire sur le visage !
Au milieu et des balles perdues, de vacarme et des bombardements  Au milieu des cris des enfants orphelins et les bruits des canons, 
Au milieu de fusillade, des maisons détruites, des ruines 
Je crie à haute voix :vive la Palestine!
On plante des fleurs sur les ruines, les chagrins et les peurs
On garde le sourire pour combattre la douleur
On propage la joie malgré l’injustice dans cette vie 
Et le soleil de la liberté illuminera un jour nos visages meurtris à l’infini
Tel est notre rêve et tel nous vivons


Inass Abou Zayda (24/10/2016)

samedi 23 juillet 2016

Ahmed le rescapé


J’accuse et je condamne,
ce monde passif sans âme.
Devant ces horreurs abjectes
que notre conscience rejette,
petit Ahmed,petit enfant mutilé,
pour quel crime,t’a t_on brûlé???
Ta cicatrice ne pourra guérir,
elle t’a appris comment haïr!!!!
Petit oiseau,tombé du doux nid,
tu ne peux pas avoir d’ennemis.
Une allumette craquée un soir,
  a basculé ton univers dans le noir 

(Guessoumi Hafida)

jeudi 21 juillet 2016

La Moisson de la liberté


Que vous vous appeliez Waleed Matadeur,
Ce beau jeune homme,ce grand frondeur!
Ou que vous vous nommiez Murad Amro,
Un peu gentleman,mais surtout guérillero!!
Enfants brûlés,ou jeunes filles exécutées,
Vieillards malmenés,ou femmes persécutées,
Qu’ils soient tombés au champs de bataille,
Ou qu’ils combattent face à ces canailles,
Qu’importe,ces héros d’un peuple vaillant,
Ont bien souffert,depuis fort longtemps,
Leur courage et leur patience légendaire,
Est un exemple ,pour l’humanité entière!!!!
Et ils resteront dans les annales de l’histoire,
Comme les bâtisseurs de l’imminente victoire!!!
(Guessoumi Hafida)

vendredi 18 juillet 2014

La fleur de Gaza

La fleur de Gaza

Au milieu de la démolition, la destruction, et les ruines.
Un tout petit bourgeon, pas encore épanoui se flétrit.
Tout silencieux, il raconte son histoire.
Tout muet, il crie.
Tout aveugle, il regarde autour de lui...
cherchant sa famille, ses amis
Mais en vain !!
Ce pauvre petit, si cher, ne sait plus rien...
car ils ne sont plus là,
car personne n´est plus là...
et que tout est maintenant démoli.
Au milieu de tout ça une voix si tendre semblait me parler..
Approche-toi un peu disait-elle et raconte au monde entier mon histoire.
Dis-leur que j´étais ici.
Dis-leur que j´ai refusé de mourir...
Que mes racines étaient plus fortes que toutes leurs armes.
Oui, mes racines qui sont bien profondes dans ma terre...
Celle qui ne les reconnaîtra jamais...
Celle sur laquelle ils resteront toujours étrangers...
Raconte-leur, "l´histoire d´une fleur "...
Elle se tut en me laissant errer dans un silence affreux...
Un silence criant qui m'invitait à méditer la misère...
         
Je m'approchai de lui
 Ce bourgeon tout petit...
pourtant plus grand que jamais !
Je le regardai les yeux fixés sur ses blessures...
Il y en avait si tant...
Les mains tremblantes je touchai son front fiévreux      
Des larmes brûlantes de rosées coulaient tout au long de son visage angélique
Je ne pouvais plus supporter cette barbarie,
cette injustice, cette inhumanité..
J'essayai de m'enfuir...
                                                                  
Mais mes pieds m'avaient abandonnée
comme si une force énigmatique me poussait vers lui...
Je m'arrêtai au milieu de toutes ces ruines
comme une actrice que l´on avait laissée sur scène
improviser ce qu'il fallait dire.Mais dire quoi et comment? 
Je me demandai : "l'histoire d'une fleur" et quelle histoire
est-elle, celle qui se termine avant son début ?!!
                                                    
Et une fleur, mais pour quel crime au monde mérite-t-elle une telle punition
une telle bienvenue à la vie?
Et quelle bienvenue est-elle
celle qui
conduit tout de suite à la tombe?!!!
                                 

Le silence revint, encore plus atroce cette fois-ci
comme celui qui précédait une tempête.
Lueur brillante semblait illuminer l'infini
Et j'entendis encore et encore la même voix si tendre
mais si comblée de chagrins...
J´essayai de savoir qui c´était...
Mais je n´eus pas de réponse..
Quelque chose était différente cette fois-ci...
Et la voix ne s'adressait  pas à moi,
elle ne semblait s´adresser à personne....
Mais au monde entier...
Et Le silence fut cassé par cette voix toute jeune
Cette voix comblée de colère, de misères...
qui criait:  Je suis la fleur de Ghaza
Vous voulez savoir qui je suis ? Je vous le dirai
La fleur de Ghaza...L´une parmi des milliers d´autres..
J'ai vu toute ma famille mourir tout devant mes yeux!
Devant vos yeux....!
Et qu'avez-vous fait pour eux? Pour nous? Pour moi?
Dites-moi, dites-moi!
Qu'avez-vous fait pour me protéger, pour me secourir de l'ennemie de l'humanité ?!
Dites-moi, dites-moi!
Qui est-ce qui vous a donné le droit?
De me tuer sans le moindre merci en violant toutes les lois
Moi, la fleur qui étais en train de s'épanouir,
lorsque avec vos sales mains,vous m'avez exécutée,
comme les autres tout à coté de moi     
Dites-moi, dites-moi
Quel était mon crime? Est-ce que c'était ma foi?            
Ma couleur, mon odeur,
ou bien le seul fait
que j'étais dans votre chemin?
Est-ce le fait que je vous ai dit "non"
quand le monde entier vous a donné
indifféremment  son "oui"
À autoriser le vol de tous ces esprits ? 
Et la rupture des centaines de vies ?
Mais j´aimerais bien savoir
le crime "brutal" que j´ai commis
Est-ce aimer mon pays ?
Car si c´était mon crime je serai infiniment fière d'être criminelle, oui !
Mais bien sûr que non, pourquoi alors avez-vous détruit ma vie ?   
Avez-vous peur de ce qui je pourrai devenir
ou bien tout simplement de ce qui je suis?    
Mais je vous demande aussi     
Suis-je une terroriste qui menace la paix de votre vie?                            
Oui, le terrorisme votre sujet préféré,
dont vous avez bien fait des moqueries?
Le terrorisme dont vous ne cessez de parler le jour et la nuit.
Mais enfin dites-moi!
le terrorisme n'est-il pas ce dont vous avez tellement envie ?      
Ce mot qui vous a longtemps servi de défense
est dorénavant devenu un mot sans aucun sens 
Le vrai terroriste c'est celui qui vous chasse de votre résidence,
équipé des plus brutales armes au monde, il vous menace       
Et vous jetant dehors votre propre terre,
il vous laisse couler dans les mers de la souffrance.
C´est celui qui vous condamne à la mort pour vos croyances.                      
Qui tue vos enfants devant vos yeux au nom de la défense.               
Mais quelle défense dites-moi ?
Est-elle, celle qui vous permet de tuer l'innocence?
Et vous attendez après tout ça que j'obéisse à vos ordonnances?
Que je vous offre ma reconnaissance?
Que je reconnaisse votre fausse existence ?
Jamais, jamais,
Il n'y aura aucune chance!
S'il y a un terroriste dans ce monde c'est vous.
Si ce mot existe toujours ça ne correspond qu'à vous.
Le terrorisme c'est votre invention et notre tabou
La démocratie, votre plus grande ennemie,
c'est notre meilleure amie     
et la paix,la seule chose qui vous menace,
c'est celle qui nous renforça.
Moi, la fleur que vous avez arrachée
je vous assure même si je ne suis plus là,
je resterai toujours ici!
Moi, mes voisines mes cousines toute ma famille.
Combien encore voulez-vous?
Peu importe Il y en aura encore ,
il y en aura toujours des fleurs
telles que moi et mes soeurs
Les fleurs de ma chère Palestine
qui y resteront toujours
Voici mon histoire,l'histoire d'une fleur
Voici  mon histoire, mes douleurs...
La mort, la peine, la peur
Maintenant il ne me reste plus qu´une lueur
L´espoir d'une vie sans guerre
D´une vie dans mon univers...
Palestine....
Palestine....vive tes martyrs!
Vive tes fleurs!
Et vive ta terre!

(Zeina Al-Asi)


enfant de Gaza avec un bouquet de fleurs à la main (photo AFP)

lundi 25 avril 2011

Exception

Exception
Tous parviennent à destination
le fleuve, le train
la voix, le navire
la lumière, les lettres
le télégramme de condoléances
l'invitation au dîner
la valise diplomatique
le vaisseau spatial
Tous parviennent à destination
sauf... mes pas vers mon pays

(auteur inconnu)

Toi, moi et lui

Toi, moi et lui
Il n'y avait pas d'arbres dans son vocabulaire
pas de fleurs
Dans son vocabulaire, il n'y avait pas d'oiseaux
Il ne savait que ce qu'on lui avait appris
tuer les oiseaux d'abord
et il a tué les oiseaux
haïr la lune ensuite
et il a haï la lune
avoir un cœur de pierre
et il a eu un cœur de pierre
Et puis s'écrier :
« Vive n'importe quoi »
« À bas n'importe quoi »
« À mort n'importe quoi »
Il n'y avait pas d'arbre dans son vocabulaire
Dans son vocabulaire, il n'y avait pas
toi et moi
car il devait nous tuer
Il ne savait
que ce qu'on lui avait appris
nous tuer
toi et moi
Mou'in Bsissou



Né en 1927 à Gaza. Poète et dramaturge. Il passe presque toute la décennie des années cinquante en prison. Puis ce sera la ronde de l’exil : Le Caire, Bagdad, Beyrouth, Damas, Moscou et enfin Londres,  où il meurt subitement en 1984.